Nous avons repris la comparaison à budget égal, boîtier nu, entre les cinq appareils qu'un cabinet a réellement en face de lui aujourd'hui. Voici ce que dit le calcul, et où Canon garde une avance que ni Nikon ni Sony ne comblent en 2026.
Ce n'est pas la définition annoncée qui compte, c'est la densité de pixels sur la zone utile. Un capteur plus petit et plus dense pose plus de détail sur une incisive qu'un plein format de même génération.
Le vrai critère : combien de pixels sur la dent
Un boîtier de 24 millions de pixels en plein format et un boîtier de 32 millions de pixels en APS-C ne produisent pas la même image d'une incisive, même équipés du même objectif macro et réglés au même rapport de reproduction. La raison est géométrique.
À rapport 1:1, l'objectif projette le sujet à taille réelle sur le capteur. Un capteur plein format large de 36 mm cadre donc 36 mm de sujet, un capteur APS-C large de 22,3 mm en cadre 22,3 mm. Les pixels du plein format sont étalés sur une surface de sujet plus grande, ceux de l'APS-C sont concentrés sur une zone plus étroite. C'est cette densité, et non la définition annoncée, qui détermine le détail visible sur un collage, une limite de préparation ou une récession gingivale.
Le calcul, en pixels par millimètre de sujet, à rapport 1:1 :
Densités calculées à partir des définitions et largeurs de capteur des fiches constructeur.
Le R7 pose donc 1,3 fois plus de pixels sur la dent qu'un Nikon APS-C, et 1,85 fois plus qu'un plein format de 24 MP. Sur une vue de secteur recadrée pour la présentation au patient, l'écart est visible à l'écran sans zoom.
L'argument que personne n'a : le rapport 1:1,4
Le RF 100mm f/2.8L Macro IS USM de Canon monte à un rapport de reproduction de 1:1,4, c'est-à-dire qu'il agrandit le sujet de 40 % au-delà de la taille réelle sur le capteur. Le NIKKOR Z MC 105mm f/2.8 VR S et le Sony FE 90mm f/2.8 Macro G s'arrêtent tous les deux au 1:1 classique.
Ce n'est pas un détail de fiche technique. Sur le R7, ce grossissement supplémentaire porte la densité à 437 px/mm, et surtout il permet de cadrer une dent isolée, plein cadre, sans bague-allonge et sans recadrage en post-traitement. Une couronne unitaire, une fêlure, un liseré de ciment : vous les documentez à la prise de vue, pas au logiciel.
Pour un protocole d'orthodontie ou de dentisterie adhésive où les vues unitaires s'archivent séquence après séquence, cette marge change la nature des images versées au dossier.
Le poids : un faux débat
L'objection la plus fréquente en formation concerne l'encombrement. Les chiffres, boîtier avec batterie et carte plus objectif macro de la marque :
Poids CIPA du boîtier avec batterie et carte, plus poids constructeur de l'objectif.
Cent soixante grammes séparent les deux extrêmes, soit le poids d'une carte SD et d'un capuchon. Dès que vous ajoutez un flash macro et ses modeleurs, la différence entre boîtiers disparaît dans le bruit. Le poids ne doit pas entrer dans votre décision.
Ce que Canon ne gagne pas
Trois points jouent contre le R7, et il est plus honnête de les poser que de les taire.
Changer de marque ne coûte pas ce que vous croyez
Un cabinet déjà équipé nous demande souvent si passer d'une marque à l'autre implique de tout racheter. La réponse est plus nuancée qu'on ne le dit.
Le flash macro n'est plus le point de blocage : les modules de type Godox MF12, que nous installons dans la majorité des configurations, existent pour les trois montures. Les modeleurs de lumière et les supports suivent également. Ce qui ne se transporte pas, c'est l'objectif macro, l'accessoirisation de la monture, et surtout les habitudes de l'équipe : la position des molettes, le comportement de l'autofocus en mise au point manuelle assistée, la logique des menus. Ce dernier poste est celui qu'on sous-estime le plus, et c'est celui qui fait qu'une assistante reprend ou abandonne le protocole.
Le vrai coût d'un changement de marque n'est pas dans le matériel, il est dans la réappropriation du protocole. C'est un argument pour choisir juste du premier coup, pas pour changer souvent.
Notre conclusion
Pour la photographie intraorale, à budget de boîtier équivalent, Canon reste devant, et l'écart n'est pas une affaire de préférence de marque.
Le R7 met 437 pixels par millimètre sur la dent quand un plein format de 24 MP en met 168. Il est le seul de cette sélection à dépasser le rapport 1:1 sans accessoire. Il pèse le même poids que ses concurrents à 160 g près. Ses limites, le prix de l'objectif et le recul nécessaire pour les vues extraorales, se contournent par l'aménagement de la salle et se chiffrent une seule fois.
Nikon et Sony font d'excellents boîtiers, mieux placés que Canon sur d'autres terrains : la vidéo, la montée en sensibilité, la photographie d'ambiance du cabinet. Sur l'intraoral, aucun des deux ne propose aujourd'hui l'équivalent du couple R7 et RF 100mm L.
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Faut-il passer au plein format pour de la photographie clinique ?
Non. Le plein format est un avantage en basse lumière et un désavantage en macro, puisqu'il dilue les pixels sur une surface de sujet plus large. En clinique, vous travaillez au flash à basse sensibilité : la latitude du plein format ne vous sert pas, sa perte de densité vous coûte.
Un 85 mm macro suffit-il pour l'intraoral ?
Non, pas au rapport 1:2 auquel s'arrêtent la plupart de ces objectifs. Pour les vues unitaires et de secteur, le rapport 1:1 est un minimum. En dessous, vous recadrez, et vous perdez précisément la densité que vous êtes allé chercher.
Dois-je racheter mon flash si je change de marque ?
Pas nécessairement. Les flashs macro modulaires que nous installons existent pour les montures Canon, Nikon et Sony. L'objectif macro, lui, ne se transpose pas.
Un boîtier d'occasion est-il une bonne idée ?
Oui, à condition de vérifier le nombre de déclenchements et l'état de la baïonnette. Un boîtier clinique travaille au flash, à ouverture fermée, sur des séquences courtes : il vieillit lentement. Mieux vaut un boîtier d'occasion et un objectif neuf que l'inverse.
Et si mon cabinet est déjà équipé en Nikon ou en Sony ?
Ne changez pas pour changer. Un protocole verrouillé sur un Z50 II produit de meilleures images qu'un R7 mal réglé. La marque arrive après le protocole, le réglage et la formation de l'équipe.