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Teinte dentaire : la photographier pour que le labo voie la bonne couleur

MéthodeLecture 9 min19 octobre 2026
Teintier VITA classical A1-D4 éclairé en clair-obscur sur fond noir

Sur le bon de commande, la teinte tient en deux caractères : A2. Ce code donne la couleur dominante. Il ne dit rien de la luminosité de la dent, de la translucidité de son bord incisif, ni des petites caractérisations qui la rendent naturelle. Le prothésiste reçoit un code et travaille en partie à l'aveugle. Une photo bien faite, avec l'échantillon du teintier dans l'image, lui donne ce que le code ne dit pas : la dent entière, dans sa lumière, à côté d'une référence connue. Voici le teintier en deux minutes, l'intérêt de la photo, la méthode de prise de vue, la polarisation croisée, le choix entre JPEG et RAW, puis l'envoi au laboratoire. C'est un chapitre de la photographie dentaire que l'on règle vite, et qui change beaucoup le travail du labo.

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Le teintier dentaire en deux minutes

Un teintier dentaire, aussi appelé nuancier ou échelle de teinte, est une série d'échantillons colorés que l'on place à côté de la dent pour lui attribuer un code.

Deux teintiers du fabricant VITA servent de langage commun à la plupart des cabinets et des laboratoires.

Le teintier VITA classical A1-D4. Il compte 16 teintes réparties en quatre groupes. Le groupe A réunit les teintes rougeâtre-brun, le B les rougeâtre-jaune, le C les gris, le D les rougeâtre-gris. Dans chaque groupe, les teintes sont numérotées du plus clair au plus foncé : A1 est plus claire que A3. C'est l'échelle de teinte la plus répandue, celle dont le code finit le plus souvent sur le bon de commande.

Teintier dentaire VITA classical A1-D4 : les 16 échantillons de teinte, de A1 à D4
Le teintier VITA classical : 16 teintes en quatre groupes, A, B, C et D.

Le teintier VITA 3D-Master. Il propose 26 teintes naturelles et 3 teintes blanchies. Sa logique est différente : on choisit d'abord la luminosité, c'est-à-dire le niveau de clair ou de foncé, puis la saturation, l'intensité de la couleur, et enfin la nuance, plus jaune ou plus rouge.

Le piège de l'œil. La documentation de VITA recommande de choisir vite et de se fier à la première impression. Au bout de quelques secondes, l'œil se fatigue, s'habitue à la couleur qu'il regarde et compare moins bien. Plus on hésite entre deux échantillons, moins le choix est fiable. La lumière de la pièce, la couleur des murs ou d'un vêtement pèsent aussi sur ce que l'on croit voir.

C'est parce que l'œil se trompe vite que la photo est utile : elle fige l'instant.

Le prothésiste peut ensuite la regarder aussi longtemps qu'il le faut, sans que la dent change.

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Pourquoi une photo vaut mieux qu'un code teinte

Une photo vaut mieux qu'un code teinte parce qu'elle montre la dent entière, alors que le code n'en décrit que la couleur dominante.

Un code comme A2 résume la dent en une seule valeur. Or une dent n'a pas une couleur, elle en a plusieurs. Le bord incisif est souvent translucide et laisse passer la lumière. La zone du collet est plus saturée. Des taches blanches, des fêlures superficielles ou des zones plus opaques donnent à la dent son caractère. Aucune de ces informations ne passe par un code.

La photo transporte tout cela d'un coup. Surtout, elle montre la dent à côté de l'échantillon, dans la même lumière, au même instant. Le prothésiste ne lit pas une couleur absolue sur son écran : il compare deux objets. Si l'image décale légèrement les couleurs, parce que l'écran n'est pas réglé ou que la lumière est un peu chaude, elle décale autant la dent que l'échantillon. L'écart entre les deux reste juste, et c'est cet écart qui guide son travail.

Le prothésiste ne lit pas une couleur, il compare : montrez-lui la dent et l'échantillon ensemble.

Le code garde sa place. Il sert de point de départ commun, écrit noir sur blanc. La photo l'accompagne, elle ne le remplace pas.

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Photographier la teinte, la méthode

Pour photographier la teinte dentaire, on place deux ou trois échantillons du teintier contre la dent, en début de séance, avec des réglages fixes et un cadrage serré de face.

Six étapes, toujours dans le même ordre. C'est cet ordre qui rend vos photos comparables d'un patient à l'autre.

  1. En début de séance. Une dent qui sèche paraît plus claire. Quelques minutes bouche ouverte, ou la pose de la digue, suffisent pour que la teinte change à l'œil comme en photo. On photographie donc la teinte avant tout geste, quand la dent est encore hydratée.
  2. Deux ou trois échantillons. Choisissez la teinte probable et ses deux voisines, plutôt qu'un seul échantillon. Le prothésiste voit laquelle se rapproche le plus de la dent, et dans quel sens corriger. Un échantillon seul ne dit pas si la dent est un peu plus claire ou un peu plus foncée.
  3. Même plan, même axe. Placez l'échantillon dans le même plan et le même axe que la dent, bord incisif contre bord incisif, l'étiquette de l'échantillon visible dans l'image. Personne n'a ainsi à deviner quel code a été photographié. Un échantillon incliné renvoie la lumière autrement : il paraît plus clair ou plus foncé qu'il n'est.
  4. Des réglages fixes. Mode manuel, f/22 comme pour toutes les vues intra-orales, balance des blancs fixe réglée sur le flash, style d'image neutre, jamais « Portrait » ni « Vif ». Ces styles renforcent couleurs et contrastes : ils flattent une photo de vacances et faussent une teinte. Les mêmes réglages à chaque patient, c'est la base de la reproductibilité en photographie dentaire.
  5. Une référence de gris. Quand c'est possible, glissez une petite carte grise neutre dans le champ. Le laboratoire peut alors vérifier la balance des blancs : si le gris paraît bleuté ou jaunâtre, toute la photo l'est aussi, et il en tient compte.
  6. Cadrer serré, de face. La dent et les échantillons occupent l'essentiel de l'image, objectif face à la dent. Surveillez le reflet du flash : s'il tombe sur la zone à lire, déplacez légèrement l'axe ou l'échantillon. Un reflet blanc efface la couleur à cet endroit.
Prise de teinte dentaire : échantillon du teintier placé contre l'incisive, bord incisif contre bord incisif, vue intra-orale de face
Échantillon du teintier contre l'incisive, bord contre bord, étiquette dans le champ.

Une photo de teinte se prépare comme une mesure : même moment, même geste, mêmes réglages.

Ces gestes s'apprennent vite. Ce qui demande de l'attention, c'est de les refaire à l'identique, surtout quand ce n'est pas toujours la même personne qui déclenche.

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La polarisation croisée, pour voir sous les reflets

La polarisation croisée supprime les reflets de surface de la dent, pour montrer sa couleur et ses caractérisations internes.

Le principe. Un filtre polarisant sur le flash, un second sur l'objectif, orientés à 90° l'un de l'autre. La lumière qui rebondit directement sur l'émail, celle des reflets, est arrêtée par le filtre de l'objectif. Il ne reste que la lumière qui a pénétré dans la dent avant de ressortir. Le prothésiste voit alors la translucidité, les zones opaques et les taches que les reflets masquent sur une photo classique.

Le matériel. Il faut les deux filtres. Un filtre sur l'objectif seul ne suffit pas : sans filtre sur la source de lumière, les reflets restent. Le filtre du flash dépend du modèle de flash et de ses modeleurs, que détaille notre article sur le matériel photo dentaire.

La bonne pratique. Faites la même vue deux fois, sans puis avec polarisation, sans bouger entre les deux. La première montre la forme et l'état de surface, la seconde la couleur. Le prothésiste a besoin des deux.

La lumière. La polarisation assombrit l'image. On ne compense pas en ouvrant le diaphragme : on reste à f/22, pour garder la même profondeur de champ, et on monte les ISO selon la source de lumière.

Sans polarisation, on voit la surface ; avec, on voit la couleur. Envoyez toujours les deux.

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Montrer la teinte ou la mesurer : JPEG ou RAW ?

Pour montrer la teinte au laboratoire, un JPEG suffit. Pour la mesurer et calculer un mélange de céramique, il faut des fichiers RAW et une méthode de calibration.

Montrer et mesurer sont deux métiers différents : commencez par bien montrer.

Montrer la teinte. Un JPEG haute définition suffit, à condition de garder des réglages fixes, un style d'image neutre et l'échantillon du teintier dans l'image. La comparaison se fait dans la photo elle-même : la dent à côté de l'échantillon, sous la même lumière.

Mesurer la teinte. Obtenir des valeurs chiffrées et calculer un mélange de céramique demande une méthode de calibration comme le protocole eLAB. Elle s'appuie sur des fichiers RAW, une carte grise de référence et un logiciel dédié. Le RAW conserve la lumière brute du capteur, alors que le JPEG intègre déjà les choix du boîtier : balance des blancs, contraste, saturation, style d'image. Pour montrer, ces choix ne gênent pas s'ils restent identiques. Pour mesurer, ils faussent le calcul.

Le protocole eLAB est l'étape suivante pour les cas exigeants, avec un laboratoire qui le pratique. Pour le travail quotidien, la méthode décrite plus haut couvre l'essentiel.

Prothésistes, vous pouvez partager cette liste avec vos cabinets.

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Envoyer les photos au labo

Envoyez au laboratoire toujours les mêmes vues, dans le même ordre, avec des noms de fichiers clairs.

Une série qui arrive toujours dans le même ordre se lit plus vite et laisse moins de place à l'erreur. Nommez chaque fichier avec le patient, la dent, la date et la vue : le laboratoire retrouve la bonne photo sans vous rappeler. Précisez dans le bon de commande le code des échantillons visibles et la photo prise en polarisation croisée.

Une série rangée toujours de la même façon se lit d'un coup d'œil.

Dans U-SHOOT, les photos du patient partent au laboratoire par e-mail, avec un modèle de message prérempli.

Questions fréquentes

Quelle différence entre le teintier VITA classical et le 3D-Master ?

Le VITA classical compte 16 teintes en quatre groupes, A, B, C et D, classées du plus clair au plus foncé. Le 3D-Master compte 26 teintes naturelles et 3 teintes blanchies, et se lit dans un autre ordre : d'abord la luminosité, puis la saturation, puis la nuance. Les deux se photographient de la même façon, échantillon contre la dent.

Pourquoi prendre la teinte en début de séance ?

Parce qu'une dent qui sèche paraît plus claire. Quelques minutes bouche ouverte, ou la pose de la digue, suffisent à changer sa teinte. Une photo prise plus tard donnerait au prothésiste une couleur qui n'est pas celle de la dent au quotidien. On photographie donc la teinte avant tout geste, quand la dent est encore hydratée.

Faut-il un filtre polarisant pour photographier la teinte ?

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est un vrai plus. Sans polarisation, les reflets de surface masquent une partie de la couleur. La polarisation croisée, avec un filtre sur le flash et un autre sur l'objectif orientés à 90°, montre la couleur et les caractérisations internes. L'idéal est d'envoyer la même vue sans et avec polarisation.

Une photo au smartphone suffit-elle pour la teinte ?

Elle peut aider à la communication avec le laboratoire si l'échantillon du teintier est dans l'image. Mais le traitement automatique du téléphone modifie les couleurs d'une photo à l'autre, sans que vous le contrôliez. Elle reste un appoint, pas une référence. Notre article sur la photo dentaire à l'iPhone détaille ses usages et ses limites.

Photo ou spectrophotomètre pour la prise de teinte ?

Les deux se complètent. Le spectrophotomètre mesure la couleur sur une zone de la dent et donne une valeur. La photo montre la dent entière, avec sa translucidité, ses zones opaques et ses caractérisations, à côté d'un échantillon connu. Le prothésiste peut s'appuyer sur la mesure et sur la photo ensemble.

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